L’alimentation de la femme enceinte – Partie 1

 

Et voilà je reprends du service avec un article qui m’a été demandé à plusieurs reprises durant ma grossesse et depuis mon accouchement.
Depuis le début de mon activité libérale je prends en charge des femmes enceintes pour plusieurs motifs : maîtrise de la prise de poids, diabète gestationnel, comment bien se nourrir enceinte.

  • Lorsqu’une femme tombe enceinte, c’est souvent ce que j’appelle un moment « déclic », un moment où elle va décider de se prendre en main non seulement pour elle, afin d’appréhender au mieux tous ces bouleversements et changements à venir mais aussi pour la santé de son enfant in utéro, vouloir bien faire les choses et lui donner toutes les chances de se développer en bonne santé.
  • C’est alors l’occasion de faire un point sur les habitudes alimentaires, comprendre ce que l’on va devoir adapter pendant la grossesse pour soi et son bébé mais aussi « l’après », comment gérer ce nouveau corps qui a donné la vie et se le réapproprier doucement mais surement.J’ai décidé de répartir cet article en plusieurs topic car c’est un sujet long et qui mérite de prendre le temps qu’il faut.
  • Dans une première partie, je vais aborder les changements physiologiques de la grossesse, la prise de poids, les besoins nutritionnels de la maman, les risques pathologiques et comment adapter son alimentation.
  • Ensuite dans une seconde partie, je vous ferai part de mon expérience personnelle. Comment j’ai appliqué la théorie à ma pratique, ma prise de poids et ma perte de poids post grossesse etc.

La prise de poids durant la grossesse 

La grossesse se caractérise par de nombreuses modifications physiologiques, elle permettent l’efficacité maximale de la croissance et du métabolisme du foetus.

Une grossesse dure entre 38 et 40 semaines, il existe deux phases durant ces 40 semaines :

  • La phase anabolique ou phase maternelle : La mère va se constituer des réserves indispensables. Jusqu’à la vingtième semaine, le poids du foetus est négligeable par contre on observe une augmentation des stocks maternels (tissu adipeux et masse musculaire).
  • La phase catabolique ou phase foetale : Le foetus se développe, dès la 20ème semaine on observe par exemple une augmentation du flux sanguin utérin, une augmentation du poids du placenta et du poids du foetus (utilisation partielle des réserves effectuées lors de la phase maternelle).

Le besoin alimentaire n’est donc pas seulement lié à l’accroissement rapide du foetus lors du dernier trimestre de grossesse, mais à une demande étalée tout au long de la gestation avec une distribution interne différente.

La prise pondérale normale et recommandée lors d’une grossesse se situe entre 9 et 15 kilos.
Si la grossesse est gémellaire compter 3 à 4 kilos supplémentaires

Il est totalement contre indiqué d’effectuer une réduction des apports alimentaires durant cette période. Des études ont révélé que des apports énergétiques inférieur à 1000 kcal/jour pouvaient engendrer des conséquences graves sur la santé du foetus et avoir une incidence sur la fertilité.
A contrario une sur nutrition de la mère lors du 3ème trimestre peut engendrer des risques d’enfant avec un poids de naissance supérieur à la norme, et par la suite de l’obésité infantile.

Pour conclure, une alimentation équilibrée qualitativement et quantitativement est importante pour ne pas influencer le développement pondéral de l’enfant.

 

 

 

Les Besoins Nutritionnels

L’adage qui dit qu’une femme enceinte doit « manger pour deux » est maintenant désuet et doit être remplacé par « manger deux fois mieux ».

Les buts de l’alimentation sont désormais de :
– Couvrir les besoins nutritionnels de la mère.
– Couvrir les besoins nutritionnels liés à la croissance et aux besoins en eux mêmes du foetus, afin d’éviter tous risques de carences qui pourraient être graves.

Les besoins énergétiques de la femme enceinte augmentent pour les raisons suivantes :
– Stockage de protéines et lipides pour les stocks maternels et foetaux.
– Elévation du métabolisme de repos par élévation du travail cardiaque, rénal et respiratoire.

Il est alors conseillé d’augmenter sensiblement les besoins de l’organisme afin de correspondre à ces adaptations.

  • Les Protéines => Les besoins sont légèrement augmenter pour des raisons telles que la formation du placenta, la formation du foetus, l’augmentation du flux sanguin, du poids de l’utérus etcPensez à varier vos sources de protéines qui se situent principalement dans les produits d’origine animale comme la viande, le poisson les oeufs ainsi que le lait et les produits laitiers ( laitages et fromages). Vous pouvez également en retrouver dans les aliments de source végétale comme les légumes secs (lentilles, pois chiches, pois cassés) ou encore dans le soja.
  • Les Lipides => Ils doivent être présents à chaque repas, l’important est de privilégier la qualité et d’équilibrer les différentes sources.Les huiles végétales comme l’huile d’olive, l’huile de tournesol ou encore l’huile de colza ou de noix sont des huiles riches en acides gras mono insaturées et poly insaturées (omégas 3&6). Ils contribuent au bon développement de la vision et de la croissance du cerveau du foetus. Il est donc indispensable d’en consommer et pour s’assurer une bonne couverture/ éviter un déséquilibre, vous pouvez avoir recours à des mélange d’huiles comme  l’huile spéciale femme enceinte de Quintessens.
  • Les Glucides => Ils sont la principale source d’énergie utilisée par le foetus.Ils sont présents principalement dans les céréales/tubercules (pâtes, riz, semoule, pomme de terre, patate douce, pain…)et les fruits. Il est recommandé d’en consommer à chaque repas et selon l’appétit. Une diminution de glucides lié à un régime par exemple peut provoquer des retards et anomalies irréversibles dans le développement du système nerveux central du foetus.
  • Les Fibres => Chez la femme enceinte, la constipation est fréquente, l’apport en fibres se doit alors d’être suffisant afin de permettre un bon transit. Les fibres ne sont pas caloriques, ce sonr le « suelette » des fruits, légumes et céréales complètes. Elles jouent un rôle au niveau du transit, mais aussi de la satiété en donnant la sensation d’être calé.

Il est possible lorsque l’on est enceinte d’instaurer un goûter. Cela va permettre de fractionner l’alimentation en évitant les repas copieux qui peuvent engendrer certains troubles comme des nausées ou remontées acides. Ce sera également utile pour lutter contre les fringales et autres envies de grignotages intempestifs.

Exemple :

  • Une tisane, une tranche de pain et un morceau de fromage de chèvre
  • Un verre d’eau, un yaourt aromatisé et une pomme
  • Une tisane, une semoule aux raisins secs
  • Un verre d’eau, un paquet de 4 biscuits, un kiwi

Si vous avez la sensation d’avoir faim « tout le temps », c’est peut être parce que vous ne mangez pas suffisamment au cours de vos repas. Veuillez vous assurer de consommer des protéines, des légumes féculents et dans des quantités adaptées à votre état qui vous permettront de « tenir » plusieurs heures d’affilées. Vous avez également la possibilité de décaler vos desserts (produit laitier et fruit) à des moments de la journée où vous ressentez des envies de grignotage. Ce ne sera rien de rajouter, seulement des éléments de votre repas consommés ultérieurement.

LES VITAMINES

D’une manière générale, les besoins en vitamines augmentent peu, excepté pour l’acide folique, la vitamine D, le fer et le calcium.
Une femme qui se nourrit quantitativement et qualitativement de manière adéquate, couvre cette demande.
Cependant, si elle souffre de nausées, vomissements, ou ne se nourrit pas de façon équilibrée, l’apport en vitamines peut être insuffisant et nécessiter une supplémentation médicale.

L’acide Folique ou Vitamine B9

Le rôle de l’acide folique est primordial lors des premières semaines de la grossesse. Elle intervient dans le développement du système nerveux de l’embryon.

Vous en retrouvez naturellement dans les aliments comme :
– La levure en paillette.
– Les légumes verts feuillus comme les épinards, le cresson, la chicorée, la mâche.
– Les noix, châtaignes, pois chiches.
– Salades verte, endives, choux, poireaux, artichauts, haricots verts, petits pois, asperges, courgettes.

Le Calcium

Il se trouve en quantité importante dans les os et les dents. Il est l’élément minéral indispensable du squelette, et pour préserver le capital osseux, il est nécessaire d’en consommer chaque jour.
Durant la grossesse, les besoins augmentent, surtout au troisième trimestre. En effet, il faut apporter au foetus le calcium permettant la constitution du squelette.

Vous en retrouvez naturellement dans les aliments comme :
– Le lait et les produits laitiers ( yaourt, fromage blanc, petits suisses, fromage).
– Les légumes verts.
Si vous n’aimez pas les produits laitiers ou n’en consommez pas, pensez aux eaux riches en calcium (teneur supérieure à 150mg/L).
Soyez vigilants aux produits contenants du soja (jus/lait/desserts à base de soja) qui peuvent être enrichis en calcium mais ne doivent pas être consommés plus d’une fois par jour.
Ils contiennent des phyto-estrogènes qui d’après certaines études ont eu une incidence sur le développement des foetus chez les animaux. Rien a été prouvé e ce qui concerne l’être humain, mais par mesure de précaution, mieux vaut les limiter.